Impressions

26/06/07



…(Par endroits on croit saisir la trame, l’effiloché qui donne le pur refus des sommets) chambre où l’humide prolifère dans les phrases, et nos vêtements dont la pliure impeccable est faite en souvenir des disparus…



Eric Ferrari



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En robe azurée



l’étrangère



mendie



sa part d’invisible



Yves Broussard

in " Pauvreté essentielle "



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effacement

24/06/07



Pierre fracturée

Friable

Enfouie



Efflilochure du rien

Traces possible

Il faut l’usure pour raviver des lueurs



Ce que nous voyons se défait, se désaccorde

On avance vers l’effacement, l’oubli

L’uniformité d’une terre appelée à disparaitre.




Roger Gonnet

in " Vol naissant "



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Etre Poète

c’est percer une fenêtre

quand le mur n’en a pas.



Guénane Cade



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Silence

22/06/07



A gorge déployée je me gave de silence.




Jean-Pascal Dubost

Extrait de " Vers "



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Enigme

21/06/07



Ce que tu ne comprends pas

se mêle au sommeil des enfants,

au secret lourd et pur

des germinations?.



Dans la chair du tendre tilleul

palpite le sommeil du monde.



René Ferriot



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Sève

20/06/07



"La poésie est sève pure,

le poème, déchirure"



Henri Thomas



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Wang Wei assis

sous un pin torsadé

au bord du torrent

nuque percée

d’un rayon de soleil

dessine en l’air le signe

de toutes les joies connues

à la première feuille

qu’il sent poindre

dans son dos



Roland Reutenauer

in " Avant longtemps "



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Lyre

17/06/07



Il faut quelquefois pousser les passants, s’extraire

de la foule, de la rumeur du monde, sans bien savoir

s’il y a mieux à faire vraiment que plonger ici-bas,

s’indigner, s’en tenir au journal, à la bataille utile

après tout contre les mots mis à l’envers,

ou le glaive aberrant : ces larmes

du moins sont vraies, et ne suffisent

pourtant pas. On va glanant

d’autres chagrins plus haut que les pavés, plus loin

que la pauvre terre à notre hauteur. On cherche

d’autres drames dans le jour jaune, on ne sait trop

quelle énigme dans du cristal : si le ciel pleure,

ce que cachent sous leur voilage les tentures des nuées.

Malgré tout ce qu’on peut en dire,

le refus répété du mystère, le clair déni,

maintenant ne suffit pas, la chair humaine semble

le cadre de la lyre – les cordes sont là-bas.



Olivier Barbarant

in " Essais de voix malgré le vent "



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Caresse

15/06/07



…Ainsi se décide l’impossible

comme une caresse



Entre le monde et l’amour

le lien est d’eau qui tremble…



Jean-Pierre Siméon

in " Fresque peinte sur un mur obscur "



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Pureté

12/06/07



Depuis presque des siècles je suis cet homme encadré par une fenêtre

et dont le regard croit se confondre avec la vérité.

Il la prend contre lui,

s’´sirs





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Plaisir

08/06/07



Il y a du plaisir

à vaincre les falaises.

Mais nul n?atteint le ciel

qu?en grimpant dans sa tête.



Charles Minetti

in " Patiences à Cavillore "





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Envers

07/06/07



Déchiré, le papier forme encore des lettres.

…………………………………………………………..

Quelque chose à la place de tout.

…………………………………………………………..

Tu te substitues à toi-même.

…………………………………………………………..

Livre ouvert de tes yeux.

…………………………………………………………..

Seul un désert peut refléter ce miroir brisé des étoiles.

…………………………………………………………………………..

L’eau comme une page aussitôt froissée qu’écrite.



Dominique Grandmont

Extraits de " L’envers d’écrire "



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Projection

06/06/07



Je ne souffre qu’une

Main

Me touche

Mon être

Est pétri de la glaise

Qui t’a fait



Siham Bouhlal

in " Poèmes bleus "



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Le Moi

04/06/07



Si tu n?as pas vu le diable, regarde ton propre moi.




Roûmi



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Me dissoudre dans l’air

Et là comme l’oiseau pour son premier envol

Hésiter un instant

Regarder sans le voir le là-bas du demain

Imaginer ensuite l’au-delà de l’humain

Où je déverserai les poussières de rêves

Glanés au gré des tourbillons du temps

Puis m’en aller un soir vers l’espoir d’un levant

Chargé de souvenirs de sons et de parfums

De bruissement de soies de rires de cristal

Et me poser enfin comme une feuille morte

Sur une immense plage vide

Et m’y fondre y enfouir la somme de mes songes

Préparer ta venue nid brindilles d’absence

Attendre et égrener sable d’éternité

Engendrant ta présence.



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Solitude

02/06/07



La solitude est un jardin sans fleur où l’âme se dessèche, les fleurs qui y poussent n’y ont pas de parfum.




Marc Levy



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Pharaon

01/06/07



L’homme ramène vers le centre ce qui s’écarte du tas et se hisse jusqu’au sommet.

Dans ce cas, il ne doute pas qu’il soit le seul à être sorti du tas et piétine les autres afin qu’ils ne puissent le suivre.

C’est ainsi que l’homme crée la pyramide.

Il entasse et commande.

La Pyramide est une mauvaise machine, c’est normal, c’est un tas.

La base semble s’écarter du sommet, s’étale, s’échappe alors que le sommet reste immobile car il ne peut la poursuivre sous peine de s’effondrer lui-même.



Alain Wexler

extrait de " Noeuds " in " Le Dé Bleu "







Ô, combien de nos Grands Maîtres…

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L’espace d’une nuit

Je fus arbre je fus nuage

Entre le cri et l’espoir

L’espace d’une parole

Je fus éclair lumière écrite

Seul je fus l’oiseau des planètes

Pèlerin d’un songe d’innocence.



Jean-Claude Walter

in " Récits du temps qui brûle "



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Justice

30/05/07



C’est seulement dans la mesure où l’homme épris de vérité nourrit également la volonté inconditionnelle d’être juste, qu’il y a quelque chose de grand dans cette soif de vérité que l’on glorifie partout si inconsidérément.




Nietzsche

in " La Seconde Considération inactuelle "



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Silence

29/05/07



" Mais j’imagine le silence de certaines âmes comme d’immenses lieux d’asile. Les pauvres pécheurs, à bout de forces, y entrent à tâtons, s’y endorment, et repartent consolés sans garder aucun souvenir du grand temple invisible où ils ont déposé un moment leur fardeau. "




Georges Bernanos

in " Journal d’un curé de campagne "

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Itinerrance

28/05/07



13- Ta marche porte ton âge. Discret. Les herbes jamais tu ne les avais foulées. Comme cela. Humées non plus. A ce point du parcours tout est devenu simple. La campagne assourdit l?air. Pour feutrer tes pas. Quelques ombres suivent encore ta silhouette. Avancent dans ta trace. Serais-tu devenu maître. Toi le fragile. L?incertain. L?inaccompli.




Jean-Claude Villain

in " Treize Stations "



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Effet du temps

27/05/07



« Un jour, je ne sais pas pourquoi,

Mais sait-on jamais pourquoi,

Je suis devenu un arbre. »




Georges Ribemont-Dessaignes


in " Le règne végétal "



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Pluriels

26/05/07



Le pluriel existe au dehors du singulier, pluriel les cheveux pleins de vent et dispersé sur la terre entière, tout le monde le sait. Mais le pluriel existe aussi dans le singulier, cependant là il se cache, il n’a d’ordinaire pas le droit d’exister. Je ne connais pas encore les lois par lesquelles on fait coïncider deux pluriels d’ordres aussi différents, j’entrevois à peine la loi de dispersion des feuillages intérieurs.




Emmanuelle Pireyre

in " Mes vêtements ne sont pas des draps de lit "



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Je cherche ce qui n?existe pas. Je chante ce qui n?a pas de nom.

J?ai une grande réserve de soleils levants.

Terre de la très douce étrangeté à soi.

Cette pluie nous fait une respiration plus douce, le soleil lui-même coule vers les prés.

L?eau coule, bouche ouverte.

Au singulier, il y a tout le pouvoir du mot.

Front, à petits coups répétés, pour franchir l?appartenance.

La vie cristalline, la vie rosée, où s?appuie la patience.

La vie comme un peu d?eau guérie, échappée du réel.

Sous la neige aux petits yeux brillants, se rassemblent les fous.



Maurice Audejean

in " C’était hier et c’est demain "



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"J’ai toujours su que la vie n’existe pas. L’horizon, l’avenir, le réveil ne sont que par ma volonté de les dire. Je ne regrette rien : j’ai voulu vous donner le goût de la marche. Pour vous tenter j’ai dessiné un soleil là-bas et je vous promettais, chaque fois qu’un jour mourait, de vous en donner un autre à la place. Le soleil, les forêts qui enfeuillent l’extrêmité du monde, je les ai découpés à la taille de vos yeux, pour que vous les trouviez à votre éveil. Chaque matin j’ai levé le soleil pour vous, j’ai tenu le monde à bout d’oeil. Aujourd’hui je suis fatigué. Il se peut qu’en mon absence vous cessiez de marcher. Mais le soleil n’est pas à moi, ni la lune, ni les rêves. Tout à l’heure, la terre va tourner autour de mon dernier rêve de voir le réel. Votre réel reste à être rêvé. je ne vous laisse que la trace du mien. Racontez-vous votre vie. Seul ce qu’on se raconte est immortel.

Et surtout, ne me réveillez pas."




Hélène Cixous

in " Le Prénom de Dieu "



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Les anciens systèmes de yoga n’ont pu harmoniser ni unifier la vie matérielle et la vie spirituelle; ils ont rejeté le monde, le considérant comme une illusion (mâyâ ), ou un jeu transitoire, ce qui a entraîné, par suite d’un déclin de sa force de vie, la dégénérescence de l’Inde.

"Ces peuples périraient si je n’accomplissais les oeuvres ", dit la Gîtâ.

Et " ces peuples " de l’Inde sont réellement tombés en décadence. Quelques sannyâsîs, quelques sâdhus renonçant au monde atteignent bien la réalisation et la libération; quelques bhakta dansent dans une extase d’amour, ne pouvant contenir le flot de la félicité, mais pendant ce temps une race tout entière, amorphe et abêtie, est plongée dans une profonde inertie; peut-on appeler cela une réalisation spirituelle ?




Sri Aurobindo

in " Lettre à Bârin "- avril 1920



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Enoch

23/05/07

"…Soyez tous un seul homme, vous serez également saints. Soyez tous une même loi, vous serez tous forts. Soyez tous sous la même règle de vie, que je vous ai prescrite, et vous serez éternellement mineurs spirituels invincibles. telle est la volonté du Père et de son Saint Esprit sur son fils. Soyez tous fils de Tout-puissant ici-bas, et vous saurez que celui que vous avez nommé Enoch est l’esprit du Père qui est en haut."

A peine Enoch eut-il fini de parler et béni les neuf disciples, qu’une nuée enflammée descendit du ciel et l’enleva rapidement pour porter cet esprit saint à sa destination…




in " Traité de la réintégration des êtres " de

Martinès de Pasqually



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Soupir

20/05/07



Mon âme vers ton front où rêve, ô calme soeur,

Un automne jonché de taches de rousseur,

Et vers le ciel errant de ton oeil angélique,

Monte, comme dans un jardin mélancolique,

Fidèle, un blanc jet d’eau soupire vers l’Azur!

- Vers l’Azur attendri d’octobre pâle et pur

Qui mire aux grands bassins sa langueur infinie,

Et laisse sur l’eau morte où la fauve agonie

Des feuilles erre au vent et creuse un froid sillon,

Se trainer le soleil jaune d’un long rayon.



Stéphane Mallarmé



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Inactant

19/05/07



Aujourd?hui je n?ai rien fait.

Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.

Des oiseaux qui n?existent pas

ont trouvé leur nid.

Des ombres qui peut-être existent

ont rencontré leurs corps.

Des paroles qui existent

ont recouvré leur silence.

Ne rien faire

sauve parfois l?équilibre du monde,

en obtenant que quelque chose aussi pèse

sur le plateau vide de la balance.



Robert Juarroz

in " treizième poésie verticale "



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