Au fond du coeur

31/01/08



Au fond de notre coeur, un beau jour, le beau jour de tes yeux continue. Les champs, l’été, les bois, le fleuve. Fleuve seul animant l’apparence des cimes. Notre amour c’est l’amour de la vie, le mépris de la mort. A même la lumière contredite, souffrante, sans croissance ni fin, un jour sur terre, plus clair en plein terre que les roses mortelles dans les sources de midi.



Au fond de notre coeur, tes yeux dépassent tous les ciels, leur coeur de nuit. Flèches de joie, ils tuent le temps, ils tuent l’espoir et le regret, ils tuent l’absence.



La vie, seulement la vie, la forme humaine autour de tes yeux clairs.



Paul Eluard

in " Donner à voir " -1939



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L’herbe

30/01/08



Quand l’herbe poussera au-dessus de ma sépulture,

Que ce soit là le signal pour m’oublier tout à fait.

La Nature ne se souvient jamais, et c’est en cela qu’elle est belle.

Et si vous ressentez le besoin maladif d’ "interpréter" l’herbe verte sur ma sépulture,

Dîtes que c’est moi qui continue à verdoyer et à être naturel.




Fernando Pessoa

in " Poèmes désassemblés"



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Liberté

28/01/08



Vous serez libres en vérité non pas lorsque vos jours seront sans un souci et vos nuits sans un désir et sans une peine, mais plutôt lorsque ces choses enserreront votre vie et que vous vous élèverez au-dessus d’elles nus et sans entraves.




Kahlil Gibran



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Empathie

27/01/08



J’ai bien passé des heures de ma vie à regarder pousser l’herbe ou à contempler la sérénité des grosses pierres au clair de lune.

Je m’identifiais tellement au mode d’existence de ces choses tranquilles, prétendues inertes, que j’arrivais à participer à leur calme béatitude.




Georges Sand



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Le Feu

26/01/08



Un jour, nous aurons maîtrisé les vagues, les marées et la pesanteur, nous exploiterons l’énergie de l’amour.

Alors, pour la seconde fois dans l’histoire du monde, l’homme aura découvert le feu.




Pierre Teilhard de Chardin



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L’espoir

25/01/08



L’espoir porte un costume de plumes, se perche dans l’âme et inlassablement chante un air sans paroles; mais c’est dans la tempête que son chant est le plus doux.




Emily Dickinson (1830-1886)





Espoir 2 de Gustav Klimt

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Quand vraiment nous souviendrons-nous que nous sommes tous unis les uns aux autres, que nous sommes tous les membres d’un seul corps ?

Tant que l’esprit d’amour pour autrui, quelle que soit sa race, la couleur de sa peau ou ses croyances, ne remplira pas le monde, faisant de la fraternité humaine une réalité dans nos vies et dans nos actes, tant que tous les hommes ne se sentiront pas responsables du bien-être de tous les autres, la justice sociale ne pourra pas exister.




Helen Keller





Bayanihan de Carlos "Botong" Francisco

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Vous êtes tout ce qui est, vos pensées, votre vie, vos rêves sont vrais.

Vous êtes tout ce que vous choisissez d’être.

Vous êtes sans limites comme l’univers sans fin.




Shad Helmstetter







Samy Thiebault

http://samythiebault.free.fr/

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Sol Invictus

22/01/08



Dans la profondeur de l’hiver, j’ai finalement appris qu’il y avait en moi un soleil invincible.



Albert Camus



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Ad’dahma

21/01/08



..L’Ecrasante…Elevée graduellement vers le promontoire abrupt qui surplombe la contrée des Hauts Plateaux couverts de forêts, au sol et au sous-sol en émoi depuis les prospections romaines et les convois de blé acheminés par les Gênois pour finir impayés dans les silos du Directoire, Constantine était implantée dans son site monumental, dont elle se détachait encore par ses lumières pâlissantes, serrées comme des guêpes prêtes à décoller des alvéoles du rocher sans attendre l’ordre solaire qui téléguide leur vol ausitôt dissipé,- insoupçonnable promontoire en son repaire végétal, nid de guêpes désertique et grouillant, enfoui dans la structure du terrain, avec ses tuiles, ses catacombes, son aqueduc, ses loges, ses gradins, son ombre d’amphithéâtre de toutes parts ouvert et barricadé,- le roc, l’énorme roc trois fois éventré par le torrent infatigable qui s’enfonçait en battements sonores, creusant obstinément le triple enfer de sa force perdue, hors de son lit toujours défait, sans assez de longévité pour parvenir à son sépulcre de blocs bouleversés : cimetière en déroute où le torrent n’était jamais venu rendre l’âme, ranimé bien plus haut en cascades inextinguibles, sombrées à flanc d’entonnoir, seules visibles des deux ponts jetés sur le Koudia, du ravin où l’oued n’était plus qu’un bruit de chute répercuté dans la succession des gouffres, bruit d’eaux sauvages que ne contenait nulle chaudière et nul bassin, bruissement sourd sans fin, sans origine, couvrant le grondement acharné de la machine dont la vitesse décroissait cependant, traversant des restes de verdure, prairies encore interdites au cheptel, irradiées sous la légère croûte de gel, fourrés de figuiers nus et difformes, de caroubiers, de ceps en désuétude, d’orangeraies rectilignes, détachements de grenadiers, d’acacias, de noyers, ravines de néfliers et de chênes jusqu’aux approches du chaos brumeux et massif,- le roc, sa solitude assiégée par la broussaille, l’énorme roc et l’hiver finissant dans ses replis âpres et irrités…Sidi Mabrouk..




Kateb Yacine

in " Nedjma "



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…Quant à ce professeur dont tu m’as parlé et qui ne trouve pas l’état de présence *, dis lui qu’il ne regarde ni vers le passé ni vers l’avenir, qu’il soit le " fils de l’instant ", et qu’il prenne la mort pour cible de ses yeux; alors il le trouvera, si Dieu le veut.




* La conscience de la Présence divine ( hudhûr).



Sheikh Al Arabi Ad-Darqawi

in " Lettres d’un maître soufi "



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Fumées

19/01/08

…tandis que tous deux, silencieux, immobiles, regardaient s’élever lentement la fumée de leurs pipes. Le nuage tantôt se défaisait dans un souffle de vent, tantôt demeurait en suspens entre eux; et la réponse tenait dans ce nuage. Quand le souffle emportait la fumée, Marco pensait aux vapeurs qui couvrent l’étendue marine ou les chaînes de montagnes, et qui, lorsqu’elles s’éclaircissent, laissent un air sec, diaphane, révélant des villes lointaines. C’était au-delà de l’écran d’humeurs volatiles que son regard voulait atteindre: la forme des choses se distingue mieux de très loin.

Ou bien, le nuage s’arrêtant à peine sorti des lèvres, dense, presque immobile, renvoyait à une vision d’un autre genre: les exhalaisons qui stagnent par-dessus les toits des métropoles, l’opaque fumée qui ne se défait pas, la chape pourrie qui pèse sur les rues bitumeuses. Ce ne sont pas brumes fragiles de mémoire ni sécheresse transparente, mais la suie des vies brûlées formant croûte sur les villes, l’éponge gonflée de matière vivante qui ne circule plus, l’engorgement du passé, du présent et de l’avenir qui bloque des existences calcifiées dans une illusion de mouvement: c’est ce que tu trouvais au terme du voyage.




Italo Calvino

In " Les villes invisibles "



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Je suis moi-même l?éternité quand j?abandonne le temps et que je résume moi-même en Dieu, et Dieu en moi.




Angelus Silesius

in " Le Voyageur Chérubinique "



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Tu t’empares du feu

et c’est ton nom qui se consume



La parole nomade s’installe soudain dans le paysage

qui te ressemble si peu



Des vestiges de combats à la veille de l’exil

annulent l’espace de tes désirs

et percent les syllabes de la douleur fraîche,

la douleur de la mort mal épointée….




Iaroslav Serpan

in " Le prédit, l’indit, le médit -LE DIT QUAND MÊME-"





Peinture d’Iaroslav Serpan

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Ombre de neige

16/01/08



Ombre de neige,

Coeur blanc, sang pauvre, coeur d’enfant.

Le jour.

Il y a toujours le jour du soleil et le jour des

nuages.

Le ciel, bras ouverts, bon accueil

Au ciel.



Paul Eluard

in " Les Nécessités de la vie et les conséquences des rêves "



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L’Ouvert

15/01/08



De tous ses yeux la créature voit l’Ouvert.

Seuls nos yeux sont comme retournés et posés autour d’elle

tels des pièges pour encercler sa libre issue.

Ce qui est au-dehors nous ne le connaissons que par les yeux de l’animal.

Car dès l’enfance on nous retourne et nous contraint à voir l’envers,

les apparences, non l’ouvert, qui dans la vue de l’animal est si profond.

Libre de mort.

Nous qui ne voyons qu’elle,

alors que l’animal libre est toujours au-delà de sa fin:

il va vers Dieu; et quand il marche,

c’est dans l’éternité, comme coule une source.

Mais nous autres, jamais nous n’avons un seul jour le pur espace

devant nous, où les fleurs s’ouvrent à l’infini.

Toujours le monde, jamais le Nulle part sans le Non,

la pureté insurveillée que l’on respire,

que l’on sait infinie et jamais ne désire.

Il arrive qu’enfant l’on s’y perde en silence,

on vous secoue. Ou tel mourant devient cela.

Car tout près de la mort on ne voit plus la mort

mais au-delà, avec le grand regard de l’animal, peut-être.

Les amants, n’était l’autre qui masque la vue,

en sont tout proches et s’étonnent…

Il se fait comme par mégarde, pour chacun,

une ouverture derrière l’autre… Mais l’autre,

on ne peut le franchir, et il redevient monde.

Toujours tournés vers le créé nous ne voyons en lui

que le reflet de cette liberté par nous-mêmes assombri.

A moins qu’un animal, muet, levant les yeux, calmement nous transperce.

Ce qu’on nomme destin, c’est cela: être en face,

rien d’autre que cela, et à jamais en face.

S’il y avait chez l’animal plein d’assurance

qui vient à nous dans l’autre sens une conscience analogue à la nôtre,

il nous ferait alors rebrousser chemin et le suivre.

Mais son être est pour lui infini, sans frein,

sans un regard sur son état, pur, aussi pur que sa vision.

Car là où nous voyons l’avenir, il voit tout

et se voit dans le Tout, et guéri pour toujours.



Rainer Maria Rilke

Huitième Élégie de Duino



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La rose de marbre immense et blanche était seule sur la place déserte où les ombres se prolongeaient à l’infini. Et la rose de marbre seule sous le soleil et les étoiles était la reine de la Solitude. Et sans parfum la rose de marbre sur sa tige rigide au sommet du piédestal de granit ruisselait de tous les flots du ciel. La lune s’arrêtait pensive en son coeur glacial et les déesses des jardins les déesses de marbre à ses pétales venaient éprouver leurs seins froids.




Robert Desnos

in " Corps et biens (1930) "



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La vraie poésie ne veut rien dire, elle ne fait que révéler les possibles.


Jim Morrison

in " Wilderness "



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…Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s’ils ont leur compte de pieds ne sont pas des poètes: ce sont des dactylographes. Le vers est musique; le vers sans musique est littérature. Le poème en prose c’est de la prose poétique. Le vers libre n’est plus le vers puisque le propre du vers est de n’être point libre. La syntaxe du vers est une syntaxe harmonique – toutes licences comprises. Il n’y a point de fautes d’harmonie en art; il n’y a que des fautes de goût. L’harmonie peut s’apprendre à l’école. Le goût est le sourire de l’âme; il y a des âmes qui ont un vilain rictus, c’est ce qui fait le mauvais goût. Le Concerto de Bela Bartok vaut celui de Beethoven. Qu’importe si l’alexandrin de Bartok a les pieds mal chaussés, puisqu’il nous traîne dans les étoiles! La Lumière d’où qu’elle vienne EST la Lumière…



…La poésie est une clameur, elle doit être entendue comme la musique. Toute poésie destinée à n’être que lue et enfermée dans sa typographie n’est pas finie; elle ne prend son sexe qu’avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l’archet qui le touche. Il faut que l’oeil écoute le chant de l’imprimerie, il faut qu’il en soit de la poésie lue comme de la lecture des sous-titres sur une bande filmée: le vers écrit ne doit être que la version originale d’une photographie, d’un tableau, d’une sculpture.



Léo Ferré

in " Préface de "Poète… vos papiers!", 1956 "



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La poésie est ce qu’il y a de plus réel;

c’est ce qui n’est complètement vrai que dans un autre monde.



Charles Baudelaire

in " Puisque réalisme il y a "



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Le Signe

09/01/08



Le signe incontestable du grand poète, c’est l’inconscience prophétique, la troublante faculté de proférer par-dessus les hommes et le temps, des paroles inouïes dont il ignore lui-même la portée.



Léon Bloy



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La Poésie

08/01/08



…La poésie n’est pas la tempête, pas plus que le cyclone. C’est un fleuve majestueux et fertile.

Ce n’est qu’en admettant la nuit physiquement, qu’on est parvenu à la faire moralement. Ô nuits d’Young ! vous m’avez causé beaucoup de migraines !

On ne rêve que lorsque l’on dort. Ce sont des mots comme celui de rêve, néant de la vie, passage terrestre, la préposition peut-être, le trépied désordonné, qui ont infiltré dans vos âmes cette poésie moite des langueurs, pareille à de la pourriture. Passer des mots aux idées, il n’y a qu’un pas.

Les perturbations, les anxiétés, les dépravations, la mort, les exceptions dans l’ordre physique ou moral, l’esprit de négation, les abrutissements, les hallucinations servies par la volonté, les tourments, la destruction, les renversements, les larmes, les insatiabilités, les asservissements, les imaginations creusantes, les romans, ce qui est inattendu, ce qu’il ne faut pas faire, les singularités chimiques de vautour mystérieux qui guette la charogne de quelque illusion morte, les expériences précoces et avortées, les obscurités à carapace de punaise, la monomanie terrible de l’orgueil, l’inoculation des stupeurs profondes, les oraisons funèbres, les envies, les trahisons, les tyrannies, les impiétés, les irritations, les acrimonies, les incartades agressives, la démence, le spleen, les épouvantements raisonnés, les inquiétudes étranges, que le lecteur préférerait ne pas éprouver, les grimaces, les névroses, les filières sanglantes, par lesquelles on fait passer la logique aux abois, les exagérations, l’absence de sincérité, les scies, les platitudes, le sombre, le lugubre, les enfantements pires que les meurtres, les passions, le clan des romanciers de cours d’assises, les tragédies, les odes, les mélodrames, les extrêmes présentés à perpétuité, la raison impunément sifflée, les odeurs de poule mouillée, les affadissements, les grenouilles, les poulpes, les requins, le simoun des déserts, ce qui est somnambule, louche, nocturne, somnifère, noctambule, visqueux, phoque parlant, équivoque, poitrinaire, spasmodique, aphrodisiaque, anémique, borgne, hermaphrodite, bâtard, albinos, pédéraste, phénomène d’aquarium et femme à barbe, les heures soûles du découragement taciturne, les fantaisies, les âcretés, les monstres, les syllogismes démoralisateurs, les ordures, ce qui ne réfléchit pas comme l’enfant, la désolation, ce mancenillier intellectuel, les chancres parfumés, les cuisses aux camélias, la culpabilité d’un écrivain qui roule sur la pente du néant et se méprise lui-même avec des cris joyeux, les remords, les hypocrisies, les perspectives vagues qui vous broient dans leurs engrenages imperceptibles, les crachats sérieux sur les axiomes sacrés, la vermine et ses chatouillements insinuants, les préfaces insensées, comme celles de Cromwell, de Mlle de Maupin et de Dumas fils, les caducités, les impuissances, les blasphèmes, les asphyxies, les étouffements, les rages – devant ces charniers immondes, que je rougis de nommer, il est temps de réagir enfin contre ce qui nous choque et nous courbe si souverainement…



Isidore Ducasse, comte de Lautréamont



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La robe de la nuit enveloppe mon âme?

Les heures de la nuit sont filles de la peur?

Pâle, j’écoute au bord du silence béant.



Albert Samain

in " Le Chariot d’Or "



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La Poésie

06/01/08



Et ce fut à cet âge… La poésie

vint me chercher. Je ne sais pas, je ne sais d’où elle surgit, de l’hiver ou du fleuve.

Je ne sais ni comment ni quand,

non, ce n’étaient pas des voix, ce n’étaient pas

des mots, ni le silence :

d’une rue elle me hélait,

des branches de la nuit,

soudain parmi les autres,

parmi des feux violents

ou dans le retour solitaire,

sans visage elle était là

et me touchait.

Je ne savais que dire, ma bouche

ne savait pas

nommer,

mes yeux étaient aveugles,

et quelque chose cognait dans mon âme,

fièvre ou ailes perdues,

je me formai seul peu à peu,

déchiffrant

cette brûlure,

et j’écrivis la première ligne confuse,

confuse, sans corps, pure

ânerie,

pur savoir

de celui-là qui ne sait rien,

et je vis tout à coup

le ciel

égrené

et ouvert,

des planètes,

des plantations vibrantes,

l’ombre perforée,

criblée

de flèches, de feu et de fleurs,

la nuit qui roule et qui écrase, l’univers.

Et moi, infime créature,

grisé par le grand vide

constellé,

à l’instar, à l’image

du mystère,

je me sentis pure partie

de l’abîme,

je roulai avec les étoiles,

mon coeur se dénoua dans le vent.



Pablo Neruda

in " Mémorial de l’île Noire, 1964 "

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Le poète

05/01/08



" Il faut effacer le reflet de la personnalité pour que l’inspiration bondisse à tout jamais du miroir. Laissez les influences jouer librement, inventez ce qui a déjà été inventé, ce qui est hors de doute, ce qui est incroyable, donnez à la spontanéité sa valeur pure. Soyez celui à qui l’on parle et qui est entendu. Une seule vision, variée à l’infini.



Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré. "



Paul Éluard

in " Ralentir travaux, 1930



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de profundis…

04/01/08



Notre science est un résumé froid et limité

Qui coupe en formule le tout vivant.

Elle a un cerveau et une tête, mais pas d?âme :

Elle voit toutes choses dans un relief taillé de l?extérieur.

Mais comment peut-on connaître le monde sans ses profondeurs ?

Le visible a ses racines dans le non-vu

Et chaque invisible cache sa signification

Dans un invisible et un non-dévoilé encore plus profond.



Sri Aurobindo



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" Je me plonge seul dans la mer incréée de la pure divinité."




Angelus Silesius

In " Le Voyageur Chérubinique "







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Le Croissant

02/01/08



?Le soir tomberait peu à peu; l’horizon serait fermé de collines harmonieuses; et lentement le Croissant apparaîtrait sur quelque scène de mélancolie éternelle: adieu, solitude, découragement, fin de songe?




Albert Samain

In " Aux Flancs du Vase "



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Mortefontaine

01/01/08



Après mes excursions, j’invite la nature à venir passer quelques jours chez moi; c’est alors que commence ma folie; le pinceau à la main, je cherche des noisettes dans les bois de mon atelier, j’y entends chanter les oiseaux, les arbres frissonner sous le vent, j’y vois couler ruisseaux et rivières chargés de mille reflets du ciel et de la terre, le soleil se couche et se lève chez moi.




Camille Corot

In " Souvenir de Mortefontaine "



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