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Meta
Nuit ou neige
02/01/12
Nuit de neige
Silence qui se dépose
En lourd manteau
De nuit, de neige
Lent, si lent silence
Qu’il retarde le temps
Cil en se posant
Sur les paupières closes
Les yeux même se taisent
Immobile le corps écoute
Les secondes muettes
Mots étouffant les sons
Sons effaçant les mots
Dans le puits du silence
Silence qui s’accueille
Pour qu’en lui se recueille
L’écho lointain des mots
Des sanglots et des rires
Absence où le présent prend sens
Présence silencieuse de l’Absent
Françoise Brian
Les souvenirs du temps
03/12/11
……………………….
T remblant dans leur lit
E xistent les ruisseaux,
M auves. Et les passereaux,
P issenlits de l’azur,
S’abreuvent à la fenêtre de ton cœur arc-en-ciel.
Johan Géma
« Le monde d’un chat – Comptoir de poèmes »
Intorsion
17/11/11
Chauffer la barre conscience : l’amener à l’impact médullaire et sentir ce qu’elle tord en son intorsion droite.
Patrick Wateau
Skléros
Zanguezi
01/11/11
moi, papillon entré
dans la chambre de la vie humaine,
je laisserai le paraphe de ma poussière
sur les fenêtres austères, signature de prisonnier,
sur les vitres sévères du destin.
Si triste et si grise
la tapisserie faite de vie humaine !
J’ai déjà effacé ma lueur bleue d’incendie,
les dentelles de points,
la tempête bleue de mon aile, première fraîcheur,
Le pollen est envolé, les ailes sont fanées et
sont devenues transparentes et rigides,
Je frappe fatigué à la fenêtre de l’homme.
Les nombres éternels frappent de là-bas,
comme la voix du pays natal, le nombre appelle
à revenir aux nombres…
Vélimir Khlebnikov
in » La Création verbale «
L’encoche
29/10/11
Isoler le chaman
(l’inchacra de l’orient)
pour entrer dans l’encoche,
et voir,
entre deux spires d’un même enroulement
l’entrée de l’orient suivant
Patrick Wateau
in » Skléros «
En visite dans l’enfance
05/10/11
……………..
murmurant « ciel » vous me trouverez ! –
/ ô achèvements ! depuis longtemps je m’apaise en douleur
parmi les passages
des vents et floraisons ! pourtant
de l’immuabilité la finesse
par moi – et plus que moi : –
mais en attendant – commence
le « ah »-continuation – des tréfonds
/ têtes – chants ô têtes – éclairs chers ! /
/ murs – comme tréfonds autres
pour le vent et la lumière s’imprégnant / –
la lumière pousse de l’avant mienne – parmi les lumières – autres.
Guennadi Aïgui
in » Sommeil »
Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur
Que ce granit du moins montre à jamais sa borne
Aux noirs vols du Blasphème épars dans le futur.
Stéphane Mallarmé
in » Le tombeau d’Edgar Poe «
Plaine hongroise
28/09/11
………………
nous, nation cueilleuse de mauvaises herbes,
la mort nous vient pieds nus et toute ravaudée !
Allons, poète! Ta lune est morte;
ton ombilic est une corde;
tu claques des doigts, la ville est incendiée,
ta plume sans toucher d’allumette, se met à fumer.
Ô vous qui avez les nues pour ramée,
Petits sureaux déguenillés –
sur la grand’route voyez filer
l’exil muet des peupliers!
Attila József
in » Ni père, ni mère «
Lac
21/09/11
Ces villes ne sont plus ; et, miroir du passé,
Sur leurs débris éteints s’étend un lac glacé,
Victor Hugo
in » Les Orientales «
Un vieux de rien…
16/09/11
est-ce Ulysse qui passe ? où ?
Là, le damné, vers la terre
promise, le connard, un vieux
de rien. Il se gratte à l’au-delà
du feu
qui est debout face à l’arbre ?
Une sagesse s’accumule entre eux,
quelques mots, un nom, un silence
l’exigence des courbes retrouvant
l’énigme du fruit
dans le lointain les voix des
prières perdues, oubliées
Israël Eliraz
in » et tout cela pour dire ose «
L’arbre
09/09/11
C’est l’heure où l’on voit l’arbre
comme sur une toile
du moment qu’on regarde
on ne peut se passer de bien
regarder. C’est là où passe
l’enchantement sans nom
là, où il n’y a rien à faire, de
l’autre côté d’un rouge
l’arbre se charge du monde
Israël Eliraz
in » et tout cela pour dire ose «
Le point immobile
06/09/11
Au point immobile du monde qui tourne
Ni chair, ni absence de chair :
Ni origine, ni destinée ;
Au point immobile, là est la danse,
Mais sans arrêt ni mouvement.
Et n’appelez pas fixité,
Là où passé et futur se rejoignent.
Mouvement sans source ni but,
Ni ascension ni déclin.
Sans le point, le point immobile,
Il n’y aurait nulle danse,
Et il n’y a que la danse.
Thomas Stearns Eliot
Pensée
23/08/11
L’esprit ne parle qu’à regret. Pour se charger de mots, la pensée la plus claire doit refuser d’abord de se transformer en images, s’arracher à ce qu’elle serait dans notre sommeil ; et peut-être l’effort de la traduire par des mots fraude-t-il le sommeil où nous enfoncerait son développement en images.
La pensée m’endort, c’est elle qui m’éveille.
Joë Bousquet
in » Mystique «
Centre
26/07/11
Tout objet aimé est le centre d’un paradis.
Novalis
in » Les Grains de Pollen «
Je vous attends…
25/07/11
Nuages, feuillages,
Bouts de cailloux, bouts de brindilles,
Cheminées, graminées,
Le vent, le temps, et quoi?
De ce qui passe,
De ce qui reste
Dessus, dessous,
De ce qui vient,
Qui ne vient pas,
Ne viendra pas,
Fleurs de granit,
Œil de zénith,
Eau mal tendue,
Herbe dodue.
Je suis présent, je vous attends.
Je n’ai pas mal.
Eugène Guillevic
in » Etier «
Rimbaud
19/07/11
La plus grande découverte poétique a été annoncée par Rimbaud. Il a compris que les images n’étaient pas intérieures à la pensée, mais qu’elles étaient attachées aux mots et filles de leur sonorité.
Joë Bousquet
in » Mystique «
Celui qui cherche…
12/07/11
« Celui qui cherche trouvera,
à celui qui frappe à l’intérieur, on ouvrira ».
Evangile de Thomas
Accueil
04/07/11
Il n’y a qu’une définition de la poésie : elle est l’accueil que l’homme fait à la vie.
Joë Bousquet
in » Mystique «
Pensée
26/06/11
La pensée est de pure lumière, comme le rêve ; mais elle s’épuise à nous animer.
Joë Bousquet
in » Mystique «
Le germe en soi
25/06/11
Comment un homme peut-il avoir du sens pour quelque chose s’il n’en n’a pas le germe en lui ? Ce que je dois comprendre doit se développer organiquement en moi ; et ce que j’ai l’air d’apprendre n’est que nourriture, incitation de l’organisme.
Novalis
in » Les Grains de Pollen «
Le manuscrit
21/06/11
J’ai rêvé d’un manuscrit
dont les lignes s’effaçaient une à une.
J’ai rêvé aussi de ceux qui l’écrivaient
_l’un d’eux était moi _
Eux aussi s’effaçaient un à un.
Au réveil
il ne restait plus personne.
Et il y avait une seule ligne
qui commençait aussi à s’effacer.
Cette ligne disait :
Seul dieu peut sauver de dieu.
Roberto Juarroz
in » Poésie verticale, Trente poèmes «
Mains
20/06/11
Quelles mains pourrai-je tendre, et vers quel univers ?
Car l’univers n’est pas à moi : c’est moi qui suis l’univers.
Fernando Pessoa
Heth
06/06/11
Laisse venir à toi ce qui n’a pas de nom :
ce qui est racine et n’a pas atteint l’air : le flux
de l’obscur qui monte en houles : le vagissement
brutal de ce qui gît et s’acharne vers le haut :
où à son tour il sera dissout dans l’ultime forme
des formes : racine inverse : la flamme.
José Ángel Valente
in » Trois leçons de ténèbres «
Lamed
26/05/11
Tu touchas les eaux, le calme des eaux, et
engendras la vibration : tu poussas en cercles :
tu descendis jusqu’au limon : tu pénétras dans
la nuit et la viscosité : le multiple poussa : racine
d’engendrement : tu es tu n’es pas immortel.
José Ángel Valente
in » Trois leçons de ténèbres «
yodh
18/05/11
La main : alliance de la main et de la parole :
d’aleph à tav s’étend yod : le temps indivis : la
durée de toute existence tient dans la première
lettre du nom : je ne pourrai franchir ce seuil :
ma voix n’est pas nue : la main est une vibration
très légère comme un souffle d’oiseau ou comme
l’éveil : ce qui est de temps n’est pas de temps :
je ne passerai ou n’entrerai pas dans le nom :
exil : je séparerai les eaux pour que tu parviennes
jusqu’à moi, dis-tu : la main est un grand oiseau
enflammé qui vole vers le couchant et se consume
comme une torche d’obscure lumière.
José Ángel Valente
in » Trois leçons de ténèbres «
Signe inversé
13/05/11
Il ne s’agit pas de parler,
ni non plus de se taire :
il s’agit d’ouvrir quelque chose
entre la parole et le silence.
Peut-être que lorsque tout passera,
y compris parole et silence,
restera cette zone ouverte
comme une espérance à rebours.
Et peut-être que ce signe inversé
constituera une mise en garde
pour ce mutisme illimité
où manifestement nous sombrons.
Roberto Juarroz
in » Poésie verticale, Trente poèmes «
évidence
10/05/11
la matière
carrément soufflée
les mains rapides
qui enroulent
les gestes uniques
ponctuant les visions
toutes ces mers
toujours humides
même sans la moindre pluie
la suffisance
l’irréfléchie
prête à nier
n’importe quelle évidence
Franck André Jamme
in » au secret «
Ce qui est…
05/05/11
Ce qui est. Feuille, caillou, rivière, abeille. Une poudre levée dans le vent d’un pas. Dans la lumière et dans la nuit. Mon indissoluble parenté. La bouche, ici et maintenant et toujours. Linge qui sèche dans l’étendue. Un rien limpide dans la figure que je devine, – et dans sa dispersion.
Lorand Gaspar
in » Feuilles d’observation «
Attente
01/05/11
Il n’y a pas de sens caché d’accord
Pas de signes au ciel
Ni dans les arbres
Mon cendrier se remplit
Il est quatre heures de l’après-midi
J’attends que les herbes crient
Jean-Christophe Belleveaux
in » Machine gun «
Comme si chaque pierre
N’avait pas
En elle son soleil,
Celui qui te prolonge
Dans les espaces
Guillevic
in « Quinze Galets »
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