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Horizon
27/10/07
Le ciel descend, il vient, le voilà terre ; quand donc la terre s?élèvera-t-elle, quand deviendra-t-elle ciel ?
Angelus Silesius
in " Le Voyageur Chérubinique "
d’après un tableau de Macha Chmakoff
Germination
26/10/07
Les milliers de mots
qui mûrissent en silence
attestent
que le silence n’est pas vide.
Alain Boudet
in " Bribes du sud "
Intervalle
25/10/07
…Ce n’est pas le but qui compte ni la source
L’intervalle
Seul fonde l’intervalle seul
Délaisse l’initiale et la finale
Va déborde tout ce qui est
A l’une et l’autre bornes
Excède l’intervalle même
Ni au-delà ni entre ni sur en aucun
Aucun lieu ne se pourra jamais dessiner
L’espace vide où plonge le regard
Sous la paupière de chair
L’aveuglement voulu vacant.
Benoit Conort
in " Main de Nuit "
Au poète
25/10/07
Le voici sur son île
avec ses paroles
comme devant
une barque en morceaux…
Jacques Goorma
in " A "
Vertige
23/10/07
Les objets se sont endormis, tu parles
dans leur sommeil, ils tombent
sans retour dans la parole.
Tu écoutes en eux d?obscures clameurs,
des confidences, des énigmes, des colères.
Avec les mots commence le monde
tu es dans le vertige immobile des choses
fixant l?horizon indécis du Temps.
Lionel Ray
in " Comme un château défait "
L’enfant, l’oiseau
22/10/07
Un enfant assis sur les ruines
ne pleure plus.
Il tient l’oiseau tué par balle
perdue.
Au ciel, il y avait bien plus de balles
que d’oiseaux.
Yves Heurté
in " Dans la gueule d’ombres "
L’aveugle
20/10/07
- Est-ce que vraiment, disait-elle, la terre est aussi belle que le racontent les oiseaux ? Pourquoi ne le dit-on pas davantage ? Pourquoi, vous, ne me le dîtes-vous pas ? Est-ce par crainte de me peiner en songeant que je ne puis la voir ? Vous auriez tort. J’écoute si bien les oiseaux; je crois que je comprends tout ce qu’ils disent.
- Ceux qui peuvent y voir ne les entendent pas si bien que toi, ma Gertrude, lui dis-je en espérant la consoler.
- Pourquoi les autres animaux ne chantent-ils pas ? reprit-elle.
Parfois ses questions me surprenaient et je demeurais un instant perplexe, car elle me forçait de réfléchir à ce que jusqu’alors j’avais accepté sans m’en étonner. C’est ainsi que je considérai, pour la première fois, que, plus l’animal est attaché de près à la terre et plus il est pesant, plus il est triste. C’est ce que je tâchai de lui faire comprendre; et je lui parlai de l’écureuil et de ses jeux.
Elle me demanda alors si les oiseaux étaient les seuls animaux qui volaient.
- Il y a aussi les papillons, lui dis-je.
- Est-ce qu’ils chantent ?
- Ils ont une autre façon de raconter leur joie,repris-je. Elle est inscrite en couleurs sur leurs ailes… Et je lui décrivis la bigarrure des papillons.
André Gide
in " La symphonie pastorale "
lambeaux d’éternité
19/10/07
… Dire comment ça fuit le monde. Sous quelles poussées, ça bascule. Toujours du même côté.
Larges plages de sable comme ruines de montagne. Larges bandes blanches comme ruines d?un ciel nuageux et sans vent. Eternité chue en lambeaux déchirés. Et la ravageuse aligne son mouvement interminable depuis le fond de rien. Fil jamais rompu du loin qui s?en vient et se retient, derrière les vagues qui le portent, le défont, en gardent les franges d?écume où le soleil se prend.
Alain Freixe
in " Derniers restes "
Ils pensent…
18/10/07
Ils pensent :
nous ne disparaissons pas
nous continuons par notre absence
nous sommes passés dans la complication des autres
nous ne quittons notre monde que pour entrer dans le leur
nos vies leur mangent le ventre
nous devenons de la chair
ils vivent par nous
Ludovic Degroote
in " Pensées des morts "
Demain
17/10/07
…C?est l’heure où les destinées
Se mêlent aux étoiles filantes
Et s’épuisent toutes les forces vitales,
Confondant dans le sang et la cendre
Les héros et les martyrs.
Porteurs de laves et de moissons,
Nous irons dans les marais et les forêts, les mers
Et les volcans, apporter les offrandes et les chants.
Nous suivrons les chuchotements des ténèbres
Et les gémissements des ombres
Jusqu’où la racine terrestre s’accouple
Avec les corps célestes
Dans l’écho des mystères lointains.
Nous irons au-delà des Dieux,
Au-delà des chimères, ranimer les esprits
De tous nos morts déracinés.
Nous irons, implacables et dévoués,
Brandissant la foudre comme une étincelle
Dans la nuit de nos souffrances aigües
Apporter la controverse et les contredits.
Nous irons, sous la pression des vents de l’histoire,
Libérer toutes les consciences
Trop longtemps assujetties.
Les racines de l?arbre à palabres
Finiront par absorber les pluies
En même temps que nos espoirs
Mêlés à l’alchimie des passions.
Kama Sywor Kamanda
in » Le Songe des origines «
Quotidienneté
16/10/07
Un monde qui ne s’indigne plus de rien est un monde que la dignité n’intéresse plus.
Bertrand Vergely
Enfant de Tananarive récupérant des déchets
Cendres
15/10/07
Ferme tes yeux;
car, sinon,
ton visage,
calciné comme la lave du volcan,
tombera en cendres
sur le creux de ma main.
Lautréamont
in " Les chants de Maldoror " – Chant troisième -
(dés)agrégation
14/10/07
"Les Grecs ne se représentent pas correctement la naissance et la mort : rien ne se crée, rien ne se perd, mais tout se mélange et se dissocie à partir de ce qui est. Ainsi appellerait-on correctement agrégation la naissance et désagrégation la mort."
Anaxagore
in " Physique"- Livre premier.
Changer
12/10/07
Vous devez être le changement que vous souhaitez voir dans le monde.
Gandhi
Coeur qui bat…
11/10/07
Quand la perdrix est touchée
elle ne crie pas
Son corps devient souche et fougère
pour sauver son coeur
qui bat encore…
Françoise Bujold
Silence
10/10/07
Laisser échapper le mot
le regarder glisser sous la pluie
Il ramène la foudre
ou juste un peu de silence.
Anne Marielle Wilwerth
in " L’île tutoyée "
Tourbillon
09/10/07
De temps en temps, la réalité se déplie devant toi, va n’importe où, dans toutes les directions, jusqu’au bout des gris et des rouges appuyés les uns contre les autres, petites nostalgies de la langue, en carrés, en rectangles, qui tournoient, portées par un souffle dont l’ocre, à l’improviste, rapproche la terre et les anges; dissonante, la réalité, jusqu’à la périphérie de la confidence ou du vide pendant que la nuit monte très haut. Il faudra sans doute que, patiemment, tu continues à regarder "passer le ciel".
Denise Desautels
in " Tout ce bleu "
Comme une âme…
07/10/07
« Isolée une grande demeure ici rigide de silence
de symétrie, d’ordre, d’intolérance.
Mais d’elle une fumée s’échappe, légère, vive, qui ne sera pas rattrapée. »
Henri Michaux
in " A distance "
L’homme-Soleil
06/10/07
Je dois moi-même être soleil, je dois avec mes rayons peindre la mer sans couleur de toute la divinité.
Angelus Silesius
in " Le Voyageur Chérubinique"
Le suspens
05/10/07
Est sublime ce qui retombe
moins vite que nous, les pesants
Sublime la chose, l?être,
qui retient un instant sa chute
Le dégravir le ralenti le frein du périr
l?escalier dans le ciel
la fontaine romaine
le feu d?artifice
Le thrène populaire…
Michel Deguy
New York
04/10/07
"Ca s’étire : les longues jambes jusqu’à l’océan, les bras vers le ciel. Un corps, une ville, une étrange composition totalement imaginée par l’homme blanc. Le peau-rouge lui vendit pour vingt-cinq dollars cette boue, ces collines, ce fleuve. Etrange transaction si l’on sait que pour un indien la terre ne nous appartient pas. Seulement prêtée le temps d’une vie et ainsi de génération en génération. L’homme noir, ce fut une autre histoire. Le vent se glisse entre les tours, avec fracas. Il raconte : New-York is black, New-York is red, New-York is yellow."
Jeanine Baude
in " Le Chant de Manhattan "
Noli me tangere
03/10/07
Mont sacré où bruissent chaque nuit
Les murmures des dieux
Souffles humides étranges
Des âmes frémissantes
Ne me retenez pas
Je viens à vous en mesurant mes pas
Offrande de ma chair en paiement de ma vie
Pour faire ensemble Connaissance
Pour nous apprivoiser les uns aux autres
Ne me retenez pas anges de l’invisible
Prenez un peu de ma force
Et donnez- la à ceux qui n’en n’ont pas
Donnez-leur la beauté
Et le don que vous m’avez donné
D’être parcelle de lumière
Ne me retenez pas
Je reviendrai demain?
Noël quotidien
30/09/07
Les langoustes, cambrées, se montrent fort lascives,
Proches des cornichons vautrés dans le pâté.
Livides, les boudins ont le ventre éclaté.
Morts, dorés, les canards dégorgent leurs olives.
La dinde se dandine sur un lit d’endives
Et de marrons. Ecoutez le vin glouglouter,
Imitant le dindon ; le sapin clignoter ;
Et le cri citronné, muet, des huîtres vives.
On dévore avec dévotion les tranches fines
Du Jésus, le foie gras divin dans sa terrine,
Et de la moelle onctueuse avec un peu de sel.
Seuls, gelés, dans la rue, des gosses se partagent
Un festin d’huile rance où trois sardines nagent.
Que pourrais-je ajouter ? Ah oui! Joyeux Noël!
Christian Poslaniec
photo empruntée au site sur les droits de l’enfant
http://www.droitsenfant.com/
Voile solaire
29/09/07
La voile
Est un soleil
Nervures
Élytres déployés
Les bras du peuplier
S?élèvent vers l?enclave
Au bout du monde
Un homme dit je t?aime
À l?aube qu?il étreint.
Serge Brindeau
in " C’était hier et c’est demain "
Lamentation
28/09/07
…Le tilleul fleurit doucement
et son bois incline sa ramure,
mais l’homme ferme sa bouche
et l’angoisse l’étreint,
en gestes inutiles
à moins qu’un poète
ne dise pour les autres le cri
et la prière qui modifie
le chant sauvage
de l’épervier qui siffle,
ou le soupir affaibli des hulottes,
la nuit, la mort
des enfants martyrisés.
Chante si tu le peux et verse quelques larmes,
les anges emporteront cette rumeur
jusqu’aux astres où résident les âmes voyageuses
pour composer la lamentation qui demeure.
Dans la chair du tendre tilleul
palpite le sommeil du monde.
René Ferriot
Simulacre
27/09/07
Le simulacre implique de grandes dimensions, des profondeurs et des distances que l’observateur ne peut pas dominer. C’est parce qu’il ne les domine pas qu’il éprouve une impression de ressemblance. Le simulacre inclut en soi le point de vue différentiel; l’observateur fait partie du simulacre lui-même, qui se transforme et se déforme avec son point de vue?
Gilles Deleuze
in " Logique du Sens "
Pastel de Julian Beever
http://users.skynet.be/J.Beever/pave.htm
Luminosité
26/09/07
Et si tu parviens, après avoir abandonné ton corps, dans le libre éther,
tu seras dieu immortel, incorruptible, et à jamais affranchi de la mort.
" Pythagore "( attribué à )
in " Les Vers d’Or "
…Après sa purification, il est devenu, autant qu’il le pouvait, ce que sont toujours les êtres qui jamais ne tombent par nature dans la génération; il s’est uni par l’intelligence à ce Tout, et il s’est élevé jusqu’auprès de Dieu même. Mais, parce que cet homme a un corps lumineux qui lui est par nature attaché, il a besoin d’un lieu où il puisse, comme il l’a recherché, habiter comme un astre. Or le lieu qui convient à un corps de cette sorte est celui qui s’étend immédiatement au-dessous de la lune, car ce lieu se situe au-dessus de celui qu’occupent les corps périssables, et au-dessous de l’espace qu’habitent les êtres célestes. Les Pythagoriciens l’appellent l’éther libre : éther, comme un corps immatériel et éternel; libre, comme exempt et pur des passions et des troubles provenant de la matière.
Hiéroclès
in " Commentaires sur les Vers d’Or
Dissolution
25/09/07
Mourir, qu’est-ce d’autre que se tenir nu sous le vent et se dissoudre dans le soleil ?
Et qu’est-ce que cesser de respirer, sinon libérer son souffle des courants qui l’agitent pour lui permettre de s’élever, se dilater et, délivré de toute contrainte, rechercher Dieu ?
Ce n’est que lorsque vous boirez à la rivière du silence que vous pourrez chanter.
Quand vous aurez atteint le sommet de la montagne, vous commencerez votre ascension.
Et quand la terre revendiquera vos membres, c’est alors que véritablement vous danserez.
Khalil Gibran
in " Le Prophète "
Le chemin
24/09/07
" Mes enfants, continuez de chercher le secret de l’homme; continuez l’Afrique. Des fleurs oubliées du passé, faisons le parterre sublime d’un monde nouveau, tel est le but final de la raison initiatique ".
Boubou Hama
in "Le double d’hier rencontre demain "
Douleur, ombre de la Beauté
23/09/07
mille collines s’estompent dans la nuit
la blancheur d’une fumerole s’y dissout
ne pleure pas mon fils
le soleil se lèvera bientôt pour toi
nous descendrons jusqu’à la rivière
et oublierons le froid la faim notre misère
je te raconterai la bonté de ton père
sa force et son désir de vie
je te dirai l’amour et la beauté
la chaleur et le frémissement des fleurs
demain mon fils demain demain…