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Meta
La musique
16/10/08
La musique souvent me prend comme une mer;
Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther
Je mets à la voile;
La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile,
J’escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile.
Je sens vibrer en moi toutes les passions
D’un vaisseau qui souffre;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions
Sur l’immense gouffre
Me bercent — D’autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir !
Charles Baudelaire
in " Les Fleurs du Mal "
L’amoureuse
15/10/08
Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s’engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.
Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s’évaporer les soleils,
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire.
Paul Eluard
Talisman
13/10/08
A force de parler d’aurores australes et d’impossibles prodiges, on oublie d’emporter dans les neiges, dans les sables, de quoi protéger le voyageur de son voyage, le sorcier de son charme, le vivant de sa vie.
Sous son regard ligneux, extrait pour l’horizon, à grand travail d’acier, du dieu figé dans l’arbre, on apprend à tirer du sang d’un paysage, à pétrifier la brume et ses phantasmes, à laver de son maquillage la terre elle-même. A conjurer toutes les formes du sort, hormis une seule, qu’il n’est pas besoin de nommer.
Alors, renonçant à légender l’apparition de peur que sa légende ne la glace, il faut brûler jusqu’à son dernier refuge pour égarer l’ennemi.
Jean Guichard-Meili
in " La Vue Offerte "
Le vrai
12/10/08
Et maintenant, allez au vrai qui est maîtrise de soi, d’abord, inscrit dans le chiffre de l’homme et de la femme: sept. Je vous renvoie à ce chiffre pour sept ans de réflexion et d’expérience matérielle au contact concret des choses et des êtres. C’est la seule condition qui vous ferme encore la route large et lumineuse de la sagesse d’où l’on domine son destin.
Je suis l’ombre éternelle de Ndebi. Je brasse tout l’univers, dans chaque matière, dans chaque être, en chacun de vous, dans chaque conscience humaine, pour le seconder dans son effort de libération de la chair et des sollicitations morbides qui assaillent l’âme profonde de la création dans son ascension vers la vérité, c’est à dire vers la liberté vraie que vous devez conserver par l’observation de rites millénaires stricts.
Je suis, en vous, cet autre moi-même. Courage, initiés ! La lumière est devant vous.
Boubou Hama
in " Le double d’hier rencontre demain "
Brouillard
10/10/08
Les filles de la pluie sont douces si je hèle
A travers un brouillard infiniment glacé
Leur corps qui se refuse et la noire dentelle
Qui pend de leurs cheveux comme un oiseau blessé…
René Guy Cadou
in " Femmes d’Ouessant "
Paysage
09/10/08
Des cheveux tombent
Aussi en arrière.
Ah, grand paysage!
Koi Nagata (1900 ~ 1997)
Visible
08/10/08
« L’art ne reproduit pas le visible ; il rend plutôt visible. »
Paul Klee
in " The Inward Vision "
Perception
07/10/08
Pour ma part, quand je pénètre le plus intimement dans ce que j’appelle "moi", je bute toujours sur une perception particulière ou sur une autre, de chaud ou de froid, de lumière ou d’ombre, d’amour ou de haine, de douleur ou de plaisir. Je ne peux jamais me saisir, "moi", en aucun moment sans une perception et je ne peux rien observer que la perception.
David Hume
in " Traité de la nature humaine "
Vieillesse
06/10/08
sous la peau-pierre
passoire-étanche
la vie creuse
son sillon de frissons
Armand Dupuy
Veillée
05/10/08
Je crois que personne ne s?était endormi sauf
celui qui rassemble le passé dans ses contes
La magie passe de main en main
Quelqu?un sourit dans un de nos costumes
Quelqu?un s?évade d?un costume
Je crois que c?est ce qu?invisible veut dire.
Leonard Cohen
Ombre
04/10/08
Quand on dépose une chose
Une ombre d’automne
Naît là.
Kyoshi Takahama (1874 ~ 1959)
Les portes du merveilleux
03/10/08
Toutes les tours d’ivoire seront démolies, toutes les paroles seront sacrées et l’homme s’étant enfin accordé à la réalité qui est sienne n’aura plus qu’à fermer les yeux pour que s’ouvrent les portes du merveilleux.
Paul Eluard
Le cygne
02/10/08
Près d’un château sans châtelaine
La barque aux barcarols chantants
Sur un lac blanc et sous l’haleine
Des vents qui tremblent au printemps
Voguait cygne mourant sirène.
Apollinaire
L’Evidence poétique
01/10/08
Depuis plus de cent ans, les poètes sont descendus des sommets sur lesquels ils se croyaient; ils sont allés dans les rues, ils ont insulté leurs maîtres, ils n’ont plus de dieux, ils osent embrasser la beauté et l’amour sur la bouche, ils ont appris les chants de révolte de la foule malheureuse et sans se rebuter essaient de lui apprendre les leurs.
Paul Eluard
In " Donner à voir "
Dans le cachot elle se fait révolte; à la fenêtre de l’hôpital elle est ardente espérance de guérison; dans la mansarde déchirée et malpropre, elle se pare comme une fée de luxe et d’élégance; non seulement elle constate, mais elle répare, partout elle se fait négation de l’iniquité. Va donc à l’avenir en chantant, poète providentiel. Les chants sont le décalque des espérances et des convictions populaires.
Charles Baudelaire
Noeud
29/09/08
Celui qui entre par hasard dans la demeure d’un poète
Ne sait pas que les meubles ont pouvoir sur lui
Que chaque n?ud du bois renferme davantage
De cris d’oiseaux que tout le coeur de la forêt.
René-Guy Cadou
n " Hélène ou le règne végétal "
Les images du poète…
28/09/08
Les images du poète sont faites d’un objet à oublier et d’un objet à se souvenir. Il projette avec ennui ses prophéties dans le passé. Tout ce qu’il crée disparaît avec l’homme qu’il était hier. Demain, il connaîtra du nouveau.
Paul Eluard
in " Donner à voir "
JeToi
27/09/08
On se plaint quelquefois des poètes qui disent moi. Parlez-nous de nous, leur crie-t-on. Hélas, quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ?
Ah, insensé qui crois que je ne suis pas toi !
Victor Hugo
in " Contemplations "
Le bon poète
26/09/08
Un bon poète n’a pas pour fonction de ressentir l’état poétique, ceci est une affaire privée, il a pour fonction de le créer chez les autres.
Paul Valéry
Hallali
25/09/08
Innocence des campagnes
Et des grands bois dépouillés
Les piqueurs déverrouillés
Brandouillent des cors de chasse…
Maurice Fombeure
in " Grenier des Saisons "
Barque
21/09/08
Parfois le lit tournait comme une barque libre
Qui gagne lentement le plus haut de la mer.
Yves Bonnefoy
Enjambante…
20/09/08
Je crierai, je crierai. Ta lèvre est le verre où
J’ai bu le long amour ainsi que du vin rouge.
Louis Aragon
Encre
18/09/08
…bientôt cette nappe humide et frissonnante sur la page sortie du bec exigu de la plume, l’imprimerie vient la saisir et la clicher, en constituer la matrice insigne d’exemplaires innombrables.
Paul Claudel
Shui.
17/09/08
Le caractère qui veut dire l’eau en chinois est un gribouillis conventionnel représentant le mouvement d’un liquide.
Le pinceau du scribe ajoute un point sur le côté, cela veut dire la glace.
Il met le point en haut: cela veut dire toujours, l’éternité.
Ainsi ce qui était mouvement par excellence est solidifié dans une espèce de permanence abstraite, comme la cascade que la distance fait paraître immobile.
Paul Claudel
in " Réflexions sur la poésie "
shui, l’eau
Silences
16/09/08
Toutes ces sonorités ne sont-elles pas faites pour faire vibrer le silence ?
Or il est bon de le percevoir de temps en temps ce silence, d’en recueillir les gouttelettes de condensation et de subir à notre tour sa vie.
Il est bon de se retremper dans son Mystère afin d’en réapparaître, l’instant d’après, tout ruisselant.
Jean-Louis Barrault
in " Mise en scène de Phèdre "
Ombre
15/09/08
" E…qui termine et prolonge tant de mots par une sorte d’ombre que semble jeter après elle une syllabe accentuée…."
Paul Valéry
Lenteur
14/09/08
Nos rêves se sont mis au pas mou de nos vaches.
Aragon
Rythme
13/09/08
Le rythme est l’image, gravée dans la parole, de l’homme tout entier, corps et âme, muscles et esprits.
Abbé Rousselot
Hallucination
12/09/08
Quand je me pense, ma pensée se cherche dans l’éther d’un nouvel espace.
Je suis dans la boue comme d’autres sont à leur balcon.
Je participe à la gravitation planétaire dans les failles de mon esprit.
Antonin Artaud
Surréalité d’Hugo
11/09/08
" Mon fil trop long frissonne et touche presque au glaive…"
Victor Hugo
in " Tombeau de Théophile Gautier "